Jimmy Kebé, vous avez signé votre contrat
à Reading, quel effet ça fait
?
Honnêtement, je ne croyais pas que ça
se ferait. Avec tous les problèmes que ça posait, je
pensais vraiment que j’allais rester à
Boulogne-sur-Mer jusqu’à la fin de la saison. Je
m’étais mis ça en tête. Et finalement, je
suis agréablement surpris que ça se soit passé
ainsi.
Avez-vous compris la position de Boulogne qui ne
souhaitait pas vous laisser partir ? Le président Wattez ne
faisait que son travail en mettant son
véto…
J’ai compris son attitude.
Sur le moment, c’est difficile, mais après, il faut se
mettre à leur place. A la place du coach, je n’aurais pas aimé voir partir un
de mes joueurs comme ça. Je les comprends parfaitement. Mais
comme je leur ai dit, je ne voulais pas rester car jouer en
Angleterre était le rêve de ma vie.
J’étais décidé à y aller, il
fallait trouver un arrangement. On l’a trouvé, tant
mieux.
Tout le monde est content, puisque Boulogne-sur-Mer va
être dédommagé alors que vous ne leur
apparteniez pas…
Sans ça, je pense que
ça ne se serait pas fait. Chacun a tiré quelque chose
et c’est tant mieux. Après, je souhaite à
Boulogne de se maintenir, ce qui est l’objectif. Mais je
pense qu’ils feront mieux que ça. Je n’oublie
pas que c’est grâce à mes coéquipiers que
j’ai fait un bon début de saison. Si on ne vous met
pas des bons ballons, vous ne vous faîtes pas remarquer. Je
les remercie et j’espère que ça va aller pour
eux.
« Le Français est interdit »
Vous nous disiez que jouer en Angleterre était un
rêve. Qu’avez-vous ressenti en signant ce contrat
?
C’est un rêve de gosse qui vient d’aboutir.
J’ai aussi beaucoup pensé à mes agents qui
m’ont aidé à obtenir ce contrat. C’est
une deuxième famille. J’étais content pour eux
aussi. Ils ont toujours cru en moi. Ils étaient toujours
là, même quand c’était difficile.
Une nouvelle vie commence. Footballeur professionnel en
Angleterre, c’est différent non ?
Oui, c’est un autre monde. Je vais découvrir,
m’entraîner et faire des matchs pour voir à quoi
ça ressemble. Le coach, Steve Coppell, m’a
parlé pour me demander si je parlais anglais (rires). Il va
falloir apprendre vite, car même s’il y a des
francophones dans l’équipe, le coach refuse que je
parle français avec eux. C’est interdit.
Mercredi, des tribunes ou sur le banc, se profile un
Reading-Chelsea. Vous allez entrer dans le vif du sujet
!
Entre un club de L1 et un club de Premier League, il y a un
fossé. Alors entre un club de L2 et ici… Je
n’imagine pas ce que je vais découvrir. Je vais donner
mon maximum dans cet univers que je ne connais pas trop. Là,
c’est le rêve, mais il va falloir que je
m’impose. Il ne faut pas que je me repose sur mes lauriers.
De toute façon, je n’ai encore rien prouvé dans
le football jusqu’à présent. Tout
commence.
(source mercato 365)
